L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


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Art, Histoire et Société - Séance 4 - le 14/03/11

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Maureen LEPERS


Elève dissipé.
Elève dissipé.
*Philosophie du tao : le yin et le yang.
Représentation qui est mal perçue par les occidentaux : en dépit du fait de l’intrication des deux notions, on voit toujours deux éléments. La ligne de démarcation dans le disque est une ligne ondulée ; contrairement à ce que l’on peut percevoir, ce ne sont pas deux parties collées mais l’intrication de deux principes contraires. (cf. la parabole en mathématiques)

Que l’on parle de l’Apollon Sauroctone ou de l’extrême occident orientale, on retrouve l’idée que les éléments sont intriqués. Ce disque représente également l’homme : en nous, sont intriqués ces éléments, qui ne sont pas séparables.

Dans la philosophie Orphique, on raconte un mythe qui explique cette intrication : le mythe des géants qui dévorent Dionysos, dieu de la transe et du délire, dieu du passage d’un état vers un autre. De ces géants, de cette assimilation va naitre la semence humaine. Les humains sont donc doubles, à la fois terrestres (les géants) et célestes (Dionysos). Un bon nombre de représentations antiques figure ce passage, dont Platon se souvient quand il parle du daimon :

*La porte de Chechi en Egypte
C'est en fait un trompe l’œil, qui s ’assume comme tel. Elle est sculptée dans un tombeau et représentée comme le sont toutes les portes de l'époque : au dessus, on a une rangée de papyrus, en dessous un encadré avec le nom du mort (autrement dit le nom de celui qui va passer la porte) et de chaque côté, les incantations qui vont permettre au mort de faire le voyage. Cette fausse porte n’a rien à voir avec le trompe l’œil moderne, fait pour amuser. L’Egyptien ancien n’essaiera jamais de la pousser. Cette porte représente une possibilité.

*le dessin animé La Linéa

*la psychose de Sarah Winchester
Avec sa maison pleine de portes ou d’escaliers qui ne mènent nulle part (‘C‘est pour les esprits‘), Winchester figure que les morts vivent avec les vivants.

*Mythe d’Orphée
Au commencement, Eurydice est tuée par un serpent (être de la terre). Orphée, aède, poète, décide d’aller chercher sa femme. Il descend aux Enfers (=>catabase) et obtient d’eux la possibilité de la faire revenir. Ce mythe est également un faux semblant. Il dit qu’il n’y a pas grand pas entre la vie et la mort et qu’il suffit d’un tropisme, d’un détour, pour apercevoir sa mort [trop : détour qui permet d’aller voir de l’autre côté des apparences].

*La Caverne de La République de Platon.
Platon imagine que la réalité, ce sont des hommes enchainés à un poteau, dans une caverne, face à un mur, sur lequel sont projetées les ombres de l’extérieur. Arrive un philosophe qui désenchaine les hommes pour les forcer à affronter l’extérieur. Avec cette histoire, Platon enseigne une impossibilité : l’impossibilité de voir l’extérieur. Le tropisme est bien à effectuer, mais dans la tête : je me détourne de ma réalité à partir du moment où je prends conscience qu’il y a une autre réalité, quelque chose que je ne vois pas jusqu’ici. C’est le principe du voyage, du rêve, de la transe. Rêver, c’est aborder l’autre côté de la réalité (cf. voilà pourquoi les anciens et les psychanalystes interprètent les rêves : ils ont la conviction que dans le rêve, il y a aussi de la réalité).

L’inconscient est l’autre nom du mythe, de Dieu ; c’est tout ce qui fait partie de la réalité et qu’on ne voit pas. Pascal, au XVIIe siècle, appellera cela « la pensée de derrière ». Cicéron, dans son ouvrage Le Songe de Scipion, fait le récit d'un rêve qui raconte une catabase : Scipion rêve qu‘il descend aux Enfers et rencontre son ancêtre, le Maure. Il lui demande comment est le monde. Le Maure lui montre alors la réalité (VI, 10) : « Tu ne verras la réalité telle quelle est que quand tu seras mort » : « Ils ont reçu une âme tirées de ces flammes éternelles que vous nommez les étoiles et les astres » => il y a quelque chose qui est de l’ordre de l’origine. Notre âme est tirée des étoiles, elle fait partie du cosmos, elle est dissimulée dans le corps. Vouloir localiser l‘âme, c‘est faire ce que les anciens appelaient l‘hybris (supprimer le corps pour ne garder que l‘âme). Or, détruire le corps, c‘est détruire l‘homme.

Le Discours de la Méthode de Descartes est né de trois songes.

Ce principe remet complètement en cause le principe du vrai et du faux : on ne peut pas dire toute la vérité (et encore faudrait-il la connaître).

*l'art et le faux

-F For Fake, Orson Welles

F For Fake parle du mensonge dans un documentaire fictif, sur un peintre faussaire. Au tout début du film, Orson Welles fait un tour de prestidigitation à un enfant (cf. prestidigitation : c’est la main dans l’ombre qui travaille, l’apparence est trompeuse). Durant cette séquence, il présente son équipe, dont le réalisateur du documentaire, Reichenbach, avec sa caméra. Or pour montrer Reichenbach avec sa caméra, il faut une autre caméra qu’on ne voit pas.
=>Pour donner l’image du vrai, on est obligé de mentir (cf. technique du faux semblant cinématographique). Ce principe fait partie intégrante de la réalité : « Le mensonge est ce qui nous suggère ce qu’est la vie. » (F For Fake).


-autre exemple : le peintre Zeukis en Grèce (-IV e)
Il représente un enfant tenant dans sa main une grappe de raisins. Des oiseaux viennent pour essayer de picorer la toile, ce qui lui fait dire : « J’ai réussi ma grappe, mais j’ai raté mon enfant, car si j’avais réussi mon enfant, les oiseaux auraient eu peur ».

Il y a donc un principe d’imitation : imiter, ce n’est pas copier la nature mais créer du vivant comme la nature
. Lorsque je représente quelque chose, je sais que c’est une représentation (cf. Arasse et Georges Didi-Uberman) (cf. caméos d’Hitchcock => insérer la réalité dans la fiction). Au VIIIe, on a détruit toutes les représentations de dieux et des hommes saints parce qu’on disait que tout ce qui était de l’ordre du divin ne pouvait être représenté (iconoclastes). Or, détruire des représentations de dieu, c’est se détruire : l’homme est un reflet du tout, dieu est la terre. Cela pose la question du qui suis-je et du connais toi toi-même => je ne peux me connaître si je fais fis du mensonges et des apparences.
*cf. texte de Sénèque dans le corpus : Lettre à Sura.

L’Antiquité n’a absolument pas la phobie du faux. De même, les chinois et leurs vraies fausses statues de l’armée (cf. La Momie 3 pour la légende).

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