L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Art, Histoire et Société - Séance 9 - le 02/05/11

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Maureen LEPERS


Elève dissipé.
Elève dissipé.
Le théâtre représente cette dynamique vitale (cf. les trois forces physiques).

*le tribhanga (cf. photo du corpus 2)
Le terme vient de la sculpture indienne. C’est une position triple : le mithuna (l’union) (la tête d’un côté, le torse de l’autre, et le bassin est encore tourné différemment). Cette position impose au corps une torsion, une tension. On est tout à fait dans la dynamique d’Hugo : le bien et le mal font tension et créent une dynamique vitale.
-NB : la catharsis n’est PAS DU TOUT une purge. C’est un contresens issu du christianisme : expurger le mal pour ne garder que le bien. Dans la philosophie antique, on considère que les deux forces contraires sont indissociables : nous n’avons pas à rejeter une partie de nous. C’est ce que le tribhanga enseigne dans le langage corporel (cf. le principe de la danse, qui représente le dynamisme même de nos vies : nous ne sommes pas unilatéraux).

Dans la scène du mithuna, cette torsion de l’homme est une torsion spiralique – l’image aussi de la molécule ADN. Ce principe s’oppose à notre connaissance des choses, qui ne joue pas du tout sur la spirale, sur le détour. Nous avons peur de tout ce qui est dynamique. Toute tension n’est pourtant pas à rejeter (cf. la colère).
-speira : la dynamique, le souffle.
-stulos : colonne, axe vital, le style, ce sur quoi se fonde l’ensemble de la personne (cf. les colonnes sur lesquelles sont sculptées les positions du Kama Sutra, qui représentent les positions de la dynamique vitale. Ce livre ne doit se comprendre que dans son ensemble).
-Apollon au djed (Apollon citharède en fait) : Le djed est une colonne égyptienne. C’est la colonne dynamique. La position de l’Apollon est tribhanga. Même ondulation que chez Praxitèle.

Ce principe de position dynamique, on le retrouve dans le principe du Troisième œil (bindi). C’est le même rapport de force.

*Descartes, De l’Homme.
Descartes envisage l’ensemble de l’humain, y compris dans son irrationalité (cf. l’ouverture sur les trois songes). Dans cet extrait, Descartes s’intéresse à la glande pinéale, qui vient d’épine => on est encore dans l’épine dorsale, la colonne. Cette glande est décrite par Descartes comme le sang de l’âme. Elle se situe à l’arrière du crâne et constitue les trois forces. Comme dans le tribhanga, on a cette notion qu’il n’y pas d’unilatéralisme dans notre pensée, ni même dans notre être physique (cf. quand on marche, la troisième force est celle qui coordonne nos mouvements et fait que notre démarche est fluide, contrairement au robot => ce qui fonde l’humanisation, c’est cette résultante des contraires).
-Psycho / Psycho : imitation de la dynamique. La couleur apporte un contraste (tout est blanc sauf ce qui est rouge => ici le sang et le vernis à ongles), et donc une dynamique : surgit des deux contraires, surgit le relief. Le principe du regard est très important dans les deux extraits : comme le tueur, on regarde la fille sous sa douche. Le spectateur est d’une certaine manière Anthony Perkins, y compris dans ses pulsions les moins avouables (œil de la fille, œil de la douche, œil du siphon, œil de la caméra).

Cette dynamique s’applique aussi à la pensée.

*Le banquet, Platon
Alcibiade fait l’hommage de Socrate, son maître et amant. Il le décrit comme un satyre, un silène, créature qui accompagne Dionysos. Il dit de lui qu’il est comme une boîte à silène (boîtes à bijoux des femmes dans l’Antiquité). Comme elle, si on ouvre Socrate, qui a l’air complètement grotesque en apparence, et on trouve quelque chose de précieux (des bijoux, du maquillage ou encore une image divine). C’est le même principe que la glande pinéale : il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. C’est de ces deux forces que résulte l’existence
-C’est le principe de la « substantifique moelle » de Rabelais (cf. moelle du djed, de la colonne).

On n’accède à la dynamique qu’une fois qu’on arrête de purger. Les latins appellent cela la coïncidence de contraires.
-le pouce levé des combats du gladiateur => c’est un troisième œil, c’est une troisième force. Les contraires n’empêchent pas la dynamique ; au contraire il la provoque en s’articulant entre eux. Les masques de théâtre représentent bien cette articulation.
-« Afin que vif et mort, ton corps ne soit que rose. » Ronsard : Marie reste en vie du fait de la mémoire. L’idée d’interpénétration, d’articulation est fondamentale pour comprendre la dynamique, et de fait, le principe de l’articulation est fondamental au théâtre. Le personnage, étymologiquement, est celui qui « parle au travers ». Cette dépossession, cette transe qui nous fait passer de nous-même à quelqu’un d’autre ne se fait pas sans douleur. C’est ce qu’Antonin Artaud appelle le théâtre de la cruauté (in. Le théâtre et son double) : il y a de la cruauté à sortir de soi pour aller vers quelqu’un d’autre, que l’on est aussi. Il y a dans le texte d’Artaud, l’idée de la mise en place d’une mécanique (cf. le principe du moonwalk, qui est inhumain et fluide, anormal mais beau). La représentation artistique se fait aussi au travers de la douleur, et c’est même cette douleur qui nous fait (souvent) accéder à l’autre côté (cf. Martyrs) : c’est l’extase (cf. extasis : sortir de son état).

C’est l’articulation entre l’humain et ce qui l’entoure, et en l’humain, entre ses forces contraires. Dans les parties les plus anciennes de théâtre grec, on se rend compte que le théâtre est bâti sur une pente naturelle. On ouvrait la pièce par un sacrifice à Dionysos, au bas de la colline. Au fur et à mesure, le théâtre s’agrandit sur les flancs de la colline (gradin), jusqu’au théâtre de Pompée, premier théâtre de pierres construit => il n’y a plus d’articulation avec la nature, pas d’autel à Dionysos mais un temple à la Vénus victorieuse (tous les théâtres devaient avoir une dimension sacrée) derrière les spectateurs et non plus sur la scène. Or, Pompée prétend, comme Jules César, descendre de Vénus. Son théâtre n’est plus un lieu sacré, mais un lieu de propagande. On s’achemine vers l’unilatéralité. Les passions et la raison sont séparés.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum