L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


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Art, Histoire et Société - Séance 7 - le 04/04/11

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Maureen LEPERS


Elève dissipé.
Elève dissipé.
Ce retrait physique, qui est aussi un retrait psychologique, des héros est de l’ordre du chat qui se ramasse avant de bondir => ils sont en catharô, dans le retrait. A partir du moment où on est en retrait, on peut envisager une sorte de recharge pour aller de l’avant
*Gladiator, R. Scott : juste avant la bataille, le général Maximus prend son cheval et va rejoindre la cavalerie en coupant à travers bois. Là, il harangue ses soldats => tirade sur les Champs Elysées.

Dans l’expression en catharô, on retrouve le terme catharsis. Au sens premier, la catharsis n’est pas une purification des passions, mais l’idée d’émondage, d’élagage (tout comme on émonde un arbre pour qu’il puisse de nouveau puiser dans ses racines pour grandir). La coupe, en mythe, est donc l’idée d’éclaircissement pour aider à la croissance.

Les Moires ou les Parques sont des divinités très anciennes qui président à la vie et à la mort de chaque homme. Ces trois femmes sont toujours représentées de droite à gauche : Cloto (qui porte une laine brute portée sur un bâton), Lachésis (celle qui tresse les fils de laine pour constituer un seul fil) et Atropos (qui coupe le fil). Au Moyen Age, on l’identifie comme étant la mort. La tapisserie du premier corpus les présente à l’envers, de gauche à droite. En inversant la distribution des trois Parques, on renverse l’ordre des valeurs dans la notion occidentale du temps : à gauche le passé, au milieu le présent, à droite l’avenir. Il faut considérer que les Anciens, avant Socrate, avait une perception quelque peu renversée de la notion de temps.
-En anglais, on a le perfect, temps du passé révolu (perfectum en latin = fait, achevé). Cette notion d’achèvement, on la figure dans l’Antiquité par une pelote de laine. L’avenir lui, est l’imparfait, l’imperfectum, l’inachevé (l’écheveau sur lequel on a planté la laine). On a une vision temporelle complètement contraire à celle de l’homme : au départ, l’homme n’est pas achevé, et avance vers une sorte de perfection en grandissant. L’ancien lui, dit que l’enfant est l’achevé : tout est déjà là, tout est possible.

L’Ancien, quand il va au théâtre, ce n’est pas l’histoire qui l’intéresse, mais le contenu plus immédiat : certaines phrases, un jeu d’acteur => il veut trouver dans le spectacle un élément dans lequel se reconnaître. Cette reconnaissance est le principe même de la pensée (cf. Heidegger) et est le noyau dur du théâtre, du cinéma, de toute représentation artistique. Penser, c’est reconnaître.

Littéralement, Atropos est celle qui ne tourne pas (a-tropos) - qui ne se détourne pas car elle ne file pas. Les deux autres sont donc les détournantes : elles se détournent elles, vers Atropos. Elles regardent toutes les deux vers ce que nous appelons la Mort, ce qui signifie qu’en amont de toute naissance, il y a une mort.
*2001 Odyssée de l’espace : l’homme (nous) se retrouve dans une suite de style Louis XV, très lumineuse. La séquence s’ouvre sur son iris (=> tout va dépendre du regard), qui passe par différentes couleurs. Cette iris ouvre sur l’hublot de la capsule, au travers duquel on découvre la suite. De là, on bondit de la capsule pour se retrouver dans la chambre = > on a une perception de nous contemplant l’endroit que l’on vient de quitter, contemplant une personne que l’on ne sera plus jamais. Ensuite, on entre dans une salle de bain, et on se regarde dans le miroir. Le regard est détourné par un son. Les yeux se détournent, la tête suit le regard, et dans la salle à manger, on se voit en train de manger. Dès lors que l’on se voit de dos en train de manger, immédiatement on devient nous en train de manger. Ce nouveau nous se détourne vers l’ancien nous, qui n’est plus là, puisqu’on est devenu l’autre.

=> Ce qu’il y a d’étonnant dans cette séquence, c’est la représentation de la notion de tropisme : on avance par le détour, et l’idée aussi que la mort est le commencement de la vie (illustration du principe de réincarnation ou de réminiscence).

Tisser, du grec legein = rassembler le blé en bottes, puis dire (cf. première image de Gladiator : Maximus effleurant les épis, c’est Maximus qui se rappelle, qui reconnait dans ce champs, son propre champs, son propre passé => il a besoin du détour par le passé pour aller de l’avant (la guerre ici)). L’autre lieu important du film, l’autre éclairci, l’autre en catharô, c’est le cirque. Dans le Colysée, un cercle. Dans ce cercle, un cercle formé par les prétoriens, et un duel entre un homme en blanc et un homme en noir, avec une inversion des valeurs (l’homme noir est le gentil) => on se retrouve retranché dans quelque chose pour envisager la suite : la nouvelle Rome, qui commence par la mort du héros. On ne peut envisager la renaissance que par la mort du héros (cf. « le Roi est mort, vive le Roi »).

*Les échecs :
« Le temps est un enfant qui joue aux pions : la royauté d’un enfant » Héraclite. Le temps ici, n’est pas le temps de la montre, mais la part d’éternité qu’il y a en chacun de nous (aiôn, et non pas chronos). Or, dans les échecs, on ne peut avancer les pièces que par rapport au retrait (aux pièces que l’on a déjà bougées, ou que l’on a prises à l’adversaire). Ce n’est pas exactement l’avancée par le recul, mais l’avancée par le détour (cf. Néfertari, femme de Ramsès II, demande un tombeau dans lequel elle s’est fait représenter comme une joueuse de pions. En face d’elle, l’invisible => on se détourne de la règle car on ne la connait pas. Créer un jeu, c’est d’abord créer le plaisir du jeu. On ne construit la règle qu’après (cf. Casino, séquence de la rencontre).. Quand on meurt, l'âme passe en jugement, de l'autre côté, celui de l'invisible => Nefertari regarde ce qu'elle a été (cf. 2001). Le temps éternel est celui qui inclut à la fois le passé, le présent et l'avenir. Nous sommes faits de tous les temps. Le présent est l'invisible, il n'existe pas. En ce sens, Nefertari joue avec elle même, à la fois avec ce qu'elle est, ce qu'elle sera et ce qu'elle a été.

=> Dans toute la pensée antique, le temps est important car on ne le maitrise pas. On est captivé à partir du moment où le temps éternel résonne en nous : j'aime quelque chose ou quelqu'un car il me renvoie à quelque chose de moi que je ne percevais pas ou que je percevais mal. On se représente nous même une image de nous qui nous plairait si nous étions l'autre. La séduction est donc aussi une reconnaissance. L'autre cesse d'être parfait à partir du moment on ne le trouve plus parfait.
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CORPUS 2

Dans le Médée de Pasolini, Terzief joue le centaure, soit le monstre. Il raconte une histoire à un enfant => "Au commencement, était le verbe".
*verbe : du grec mutos => le mythe, la parole.

*Extrait : le démembrement
Au tout début, on entend le mutos des cigale et une musique lancinante. Le sacrifice, le démembrement est à resituer dans la catharsis : Médée est la fille d'un roi primitif. Elle épouse Jason. Dans son pays, on tue les étrangers par rituel. L'étranger est un bouc émissaire : le chasser, le tuer, c'est tuer le mal. Médée tombe amoureuse de Jason car elle reconnait en lui sa propre volonté à vouloir sortir vers l'ailleurs.

Au moment de leur fuite, Médée sent qu'on va les rattraper. Elle tue son frère (qu'elle avait emmené) et le démembre (NB : le corps dans son entier était très important pour les anciens) => on sacrifie l'hostie, la victime. L'assemblée ensemence ensuite la nature avec le sang de la victime => mort pour régénérer la vie.

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