L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

CM - Genres et formes dramtiques à l'épreuve de la scène (Cours n°3, le 03/03/2011)

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Aline


Petit joueur, mauvais élève.
Petit joueur, mauvais élève.
Le texte de théâtre à l'épreuve de la scène

L'Orestie d'Eschyle (458 avant J.-C.) => mise en scène de Bernard Sobel (1989)
Tragédie qui prend la forme de trilogie.
Trois parties imaginées par Eschyle

I – La Poétique d'Aristote, texte fondateur de l'esthétique théâtrale occidentale :


1) Une mimèsis doublement restreinte: la tragédie est une représentation d'actions mise en œuvre par des personnages en action.

Mimèsis = représentation
Aristote insiste bien sur le fait que le théâtre est représentation.
Deux genres théâtraux:
- la tragédie
- la comédie

a) Le mode de représentation

Au théâtre, des personnages agissent devant nous et prennent directement la parole en opposition à un autre mode de représentation: la narration. Elle est à l'oeuvre dans l'épopée et dans le roman.

b) L'objet de la représentation

En premier lieu, représentation d'action et non de personnages.

2) La primauté de l'histoire
a) Les six parties de la tragédie: l'histoire, les caractères, l'expression, la pensée, le spectacle et le chant.


Les six parties ne se succèdent pas, elles entrent dans la composition d'une tragédie, Aristote établie une hiérarchie entre ces éléments. A ses yeux, c'est un trait que l'on va retrouver tout au long du théâtre. Au cœur de la tragédie, se trouve l'histoire c'est à dire un enchainement d'actions à l'opposé de tout en bas de son échelle on y trouve le spectacle. Dévalorisation du spectacle et valorisation du texte. Il se réfère à de nombreuses reprises d'Oedipe de Sophocle. Cette tension de valorisation et de dévalorisation de ce qui relève du récit et du spectaculaire est une problématique dans l'histoire d'Aristote et aussi dans le monde artistique.

b) La complétude de l'histoire tragique.

L'histoire telle que la conçoit Aristote est une cohérence chronologique et logique. Ces événements doivent aussi s'enchainer logiquement, selon des liens de causes à effets. Cette idée a vraiment traversée les siècles et elle permet d'expliquer la manière dont on peut suivre des récits. Notre capacité de suivre des récits, reconnaître des enchainements logiques. Comparaison d'une histoire tragique entre un bel animal (l'image du bel animal permet d'insister à nouveau sur le mot cohérence de l'histoire tragique, les différents passages d'une tragédie doivent être intimement liées, cette image indique aussi l'idée selon laquelle une certaine harmonie esthétique et doivent être composée de manière équilibrer).

II – L'esthétique théâtrale classique français
a) La tragédie.


Le XVIIème siècle français.
Malgré l'écart historique et géographique, il y a une continuité entre La Poétique d'Aristote et la théorie française. Les théoriciens du XVIIème siècle se veulent fidèle à l'héritage aristotélicien. A ce siècle les théoriciens évoquent tout aussi bien la tragédie et la comédie mais pour eux la tragédie est un genre plus élevé, un modèle et qui est au centre de l'esthétique théâtrale de la tragédie.
Ce qui fonde l'opposition du destin de la tragédie et de la comédie c'est le type de personnage, présent sur la scène de théâtre, des personnages nobles dans la tragédie et des personnages qu'on dit « bas » dans la comédie. On a besoin que de cette opposition là. Il ne s'agit pas pour les auteurs de représenter de manière concrète de la vie des riches et des valets. Cette opposition permet de différencier les pièces qui ont des enjeux politique et privé. Dans les comédies où il y a des personnages nobles, l'enjeu est politique et vice versa.
Titus et Bérénice, Bérénice de Racine.
Le fait que Titus aime Bérénice est un enjeu politique car il empereur de Rome au début de la tragédie et les lois n'autorisent pas que le roi épouse une reine (reine orientale).
A l'inverse, dans les comédies où les personnages sont bas, leurs histoires intimes et amoureuses n'ont que des enjeux privés. A l'époque grecque jusqu'à l'époque classique, le théâtre est divisé en deux genres: enjeux politiques et enjeux privés.

Distinction entre la tragédie et le tragique:
La tragédie est un genre c'est à dire que c'est un code esthétique (la tragédie est divisée en 5 actes) elle obéit à certaines formes de règles. Il est vrai que le plus souvent les tragédies finissent mal et que les comédies finissent bien mais ce n'est pas un trait de définition des genres car on a la preuve qu'il existe des tragédies heureuses et des comédies au dénouement triste. Il est plus délicat de définir une vision du monde. La vision du monde tragique implique un rapport entre les hommes et une force supérieur, dans la tragédie antique cette force supérieure ce sont les dieux qui écrasent les hommes. Mais le tragique n'implique pas forcément des dieux qui écrasent des hommes. On peut dire qu'il y a du tragique dés qu'il y a ce rapport entre des hommes et cette force supérieur. Cette vision du tragique ne s'exprime pas seulement dans la tragédie, on peut la voir dans d'autres formes théâtrales.

b) Un impératif de cohérence:


La tragédie implique un nombre restreint de personnages, elle implique aussi une action complète c'est à dire une action qui se déroule jusqu'à son terme. A la fin d'une tragédie classique, on ne doit avoir de doute sur le devenir des personnages. Cette théorie de cohérence a été théorisée de façon ferme à travers ces règles.

c) Les règles:
Deux types de règles formulées à l'époque classique:
- les règles des trois unités (temps, action et lieu). La règle d'unité d'action est héritée de La Poétique d'Aristote. En revanche les idées d'unités de lieu et de temps sont des inventions de l'époque classique. Ces trois unités on la fonction de concentration de l'émotion car il faut éviter que la tension du spectateur se disperse et c'est pour cette raison que les actions représentées sont seulement unis et concentrées en une période de temps unique.
- Règles centrales à l'époque classique et qui continuent d'informer la manière dont nous racontant l'histoire au théâtre et au cinéma => règle de vraisemblance. Cette règles est uniquement une règle de cohérence interne c'est à dire que l'histoire vraisemblable est une histoire qui s'enchaîne logiquement, une histoire que l'on peut comprendre car elle s'enchaîne logiquement quelque soit sont rapport avec …. extérieur.

Conclusion: mise en rapport de l'esthétisme française et une pièce => Britanicus de Racine. Pièce qui a fait l'objet de nombreuses mises en scène. Mise en scène par Gildas Bourdel.
Texte classique = texte que l'on étudie en classe.

Britannicus (1670) de Racine => mis en scène par Gildas Bourdet (Théâtre de la Salamandre).


Dans un premier temps, on a vu un extrait d'une mise en scène historique de Britannicus. Un jeu statique accentué par les costumes qui empêchent aux comédiens de se déplacer. La diction est extrêmement déclaratoire, qui apparaît dans la tradition du jeu du comédien du XVIIème siècle. Une plus grande mobilité dans le jeu, une diction plus naturelle. Puis s'ajoute une pré-idée de la mise en scène de la première scène de Britannicus par Gildas Bourdet. Mettre en scène une pièce de théâtre classique c'est le mettre en rapport avec un contexte de travail théâtrale et un contexte politique. Toute mise en scène pose la question de son actualisation et de son actualité.

III – La naissance d'un nouveau genre théâtral:


Diderot:
Le Fils naturel et les Entretiens sur le Fils naturel (1757)
Le Père de famille et De la poésie dramatique (1758)

Ce nouveau genre est inventé par Diderot, à cette même époque il publie une pièce de théâtre et il accompagne cela d'une réflexion théorique. En 1758, il publie une seconde pièce de théâtre et l'accompagne d'un nouveau texte théorique.
Drame = drama (action en grec) = la forme dramatique c'est toutes représentations par l'action autrement dit on peut dire que la tragédie et la comédie relèvent du drame. Plus tard, il acquiert un deuxième sens, il s'agit d'un genre particulier que Diderot qualifie de « bourgeois ». a la fin du XIXème siècle => drame moderne.
Le drame tel que le conçoit Diderot n'est pas un genre qui se situerai entre la tragédie et la comédie. C'est un genre qui se situe dans un registre différent. Le drame met en jeu des personnages qui sont proches du monde des spectateurs et qui sont le reflet de la société contemporaine. Il met l'accent sur ce point qu'il nomme « une double théorie » => théorie des relations et théorie des conditions. Les personnages doivent être définis par leur relations et aussi par leurs conditions sociales c'est à dire qu'il ne s'agit plus seulement d'indiquer que c'est un personnage noble ou bas. Il doit renvoyer le spectateur à son propre monde.
Le théâtre du XVIIIème n'est pas seulement fondé par Diderot mais aussi par des auteurs allemands:
Lessing, Dramaturgie de Hambourg (1767-1768).
Il est en Allemagne le traducteur et le défenseur des théories de Diderot. A Hambourg est créé un nouveau théâtre et Lessing collabore à ce nouveau théâtre, il parle des représentations qu'il a vu pour développer une réflexion plus générale sur le théâtre.
Ce qu'il y a de commun entre Lessing et Diderot c'est le fait qu'il construise une dramaturgie de la construction c'est à dire qu'ils se situent du point du vue du spectateur.

1) Une dramaturgie de la réception.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum