L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


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CM Esthétique de l'image - Séance 3 - 01/03/11

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Maureen LEPERS


Elève dissipé.
Elève dissipé.
*Providence Rhode Island, Francsca Woodman
Ce qui est intéressant dans la citation de Starobinski, c’est qu’elle inscrit dans la consommation de l’œuvre, dans le regard sur l’image, un jeu entre une présence qui se donne et un lointain véhiculé par l’objet artistique.

*Vénus endormie, Girogione
Le corps s’étire sur la surface du champs. Quelque part, le bras sur lequel repose la tête de Vénus semble se prolonger derrière son corps et dans l’autre bras. La fascination vient du fait que le regard s’en tient rarement aux apparences et en réclame toujours davantage. Il veut voir ce qui n’est pas donné à montrer.

*Les évasions manquées, Paul Rebeyrolle
Scénario d’optique narcissique. Ce qui est raconté ici par la baignoire, c’est que l’image semble basculer vers un hors champs. Une métaphore se crée à l’intérieur du montage, entre le corps coupé, et le robinet ouvert.

=> A partir d’une même construction, l’image en appelle à un vacillement. Le regard sur une œuvre se nourrit du regard que l’on a eu sur d’autres œuvres, précédemment.

3-l’œuvre d’art est à comprendre comme un objet transitionnel // transnarcissique (au-delà d‘elle-même et de son auteur).
Elle dépasse le regard, mais se réalise entre sa présence réelle et le croisement des regards qui l’appréhende. Elle appelle la présence du spectateur à l’intérieur de son organisation.

*Chambre 301, Denis Roche
Le photographe est représenté en creux par l’intermédiaire d’une ombre à travers laquelle vient s’imprimer le visage et le corps de sa femme. On peut percevoir une dialectique entre la personne qui se représenté et se cache en même temps : elle se représente par le biais d’une visage qui la dissimule. De même, soit on voit une photographie d’un visage, comme un reflet éphémère et insaisissable ; mais, le visage de la femme semble s’ouvrir dans le ciel. Cela raconte aussi une frontière (on est entre la ciel et la terre) : le visage de fait, vient s’échouer sur la toile, pour repartir, comme la vague. On a aussi l’impression que le visage nous regarde. C’est donc une invitation au spectateur à se réfléchir dans l’ombre de l’œil photographique.

*Untitled Film Still #82, Cindy Sherman
Mise en miroir de deux portes, dupliquées par la scénographie. Au fond de l’image, ne fenêtre donné comme un champ aveugle, comme un trou à l’intérieur de l’image. Cette zone non figurative attire cependant le regard. Elle est l’aboutissement de plusieurs perspectives dans l’image. Le rétrécissement de profondeur de champ enferme le personnage entre deux lignes verticales. En même temps, cette restriction de l’image et la mise en évidence du personnage crée un écho, comme si le trou voulait absorber l’image que l’on voit. L’espace du spectateur est aussi mis en scène par l’intermédiaire du personnage, spectateur de ce qui se passe devant elle, donc de nous. Vacillement du spectateur et instabilité de la position de l’artiste, qui est de notre côté => processus d’identifications de l’espace de l’artiste et du spectateur, invité à continuer l’œuvre qu’il a sous les yeux.

C’est à travers tous ces croisements que le sens de l’œuvre peut émerger.

*Lacoon
Goethe : « Afin de saisir le dessin de Lacoon, le mieux est de se placer en face de lui, à une distance convenable et les yeux fermés. Qu’on les ouvre ensuite pour les refermer immédiatement après, et on verra le marbre tout entier en mouvement. On craindra de trouver le marbre changé tout entier en les rouvrant. Tel qu’il se représente actuellement, il est un éclair immobilisé, une vague pétrifiée au moment où elle afflue vers le rivage. » Refusant une quelconque fixité à la sculpture, le poète décèle l’ambigüité qui émane du visible puisqu’il voit dans la forme la capacité qu’elle a refluer. En ce sens, on peut citer Bailly : « Regarder, c’est franchir un seuil dans le régime du voir ». Muriel Gagnebun : « Le regard ne sera jamais comblé par ce qu’il voit de l’image ». L’oeuvre d’art agit comme une torpille bouleversant les sens et les affects. : « Le scandale de l’écoute ou de la vision tient à un inassimilable, un scintillement proche de la sidération. Vivre la radiance d’une œuvre d’art, c’est froler la déraison, c’est dans la fusion s’exposer à perdre ses limites, à être englouti, dissous, médusé » (M. Gagnebun).

4-il manque toujours quelque chose à l’image.

*Beneath the roses, Gregory Crewdson
A l’intérieur de la scénographie, il semble y avoir une histoire qui se présente à nous. L’homme semble être sorti de la voiture, a une lettre entre les mains. L’entièreté de la scénographie a une forme plutôt obscure. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est de voir comment, à l’intérieur de l’image, une diagonale se crée avec les vitrines, qui crée comme autant d’images qui s’enfoncent dans la profondeur de champ. L’image se présente par l’intermédiaire d’un mouvement : une action se déroule dans une rue.

Le fauteuil de la deuxième image crée une place pour le spectateur, une invitation à entrer dans l’œuvre et à venir voir. Le regard est invité à recréer une histoire, qui se présente dans sa forme manquante (cf. le reflet dans le miroir de Vénus et Mars de Le Tintoret).

*Mars et Vénus surpris par Vulcain, Le Tintoret.
Histoire mise en scène : Vulcain regarde le sexe de sa femme pour y déceler une intimité. Quand on regarde les tissus, on voit que les corps s’interpénètrent les uns entre les autres.

*La Madeleine pénitente, Georges de la Tour.
Barthes essaie de penser en quoi, à l’intérieur de l’œuvre, il y a toujours quelque chose qui vient susciter le regard, jusqu’au malaise ou au déséquilibre parfois. Cette représentation de Marie Madeleine est construite d’une manière singulière. Au point de vue scénique, le corps de MM forme un triangle alors même que l’oblique est représentée par la trajectoire qui part de ses pieds. Le miroir, carré, duplique la flamme. Les deux formes entrent en interaction. Une analogie vient se créer entre la flamme qui se consume et Marie Madeleine qui semble également se consumer. On ne voit pas son visage ; elle reste une figure lointaine malgré la proximité avec laquelle elle est représentée. Ce qu’il y a également d’intéressant, c’est de voir comment elle tient au niveau de ses genoux le crâne d’Adam, et comment elle lie ses mains au dessus. Le crâne semble presque faire partie de son corps : maintenir le crâne entre ses jambes, c’est presque l’engendrer. Une confusion vient aussi se créer dans la mesure où la lumière crée au niveau du crâne la même texture que sa peau (cf. doigts squelette dans la deuxième image = contamination de la matière osseuse). Trajectoire du regard qui plonge à l’intérieur d’une forme miroitante. Ce n’est pas son visage qui se reflète, mais le crâne.

Barthes : « Ce n’est pas moi qui vais chercher, c’est lui (le punctum) qui comme une flèche, atteint le spectateur ».

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