L1 Cinéma Audiovisuel : Echange de cours

Forum dédié à l'échange de cours entre les étudiants de L1 Cinéma Audiovisuel des élèves de la Sorbonne Nouvelle.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Cinéma et Histoire : la représentation de la Shoah - Mr Bou (cours 2 à 5)

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Zoue Pelloux


Elève dissipé.
Elève dissipé.
RS2 : Cinéma et Histoire : La représentation de la Shoah


Fiction, reconstitution, images d'archives, témoignages
Fictions de la mémoire : s'attache à voir comment le souvenir de cet événement peut hanter le présent.
Entre 2005 et 2007, lors de la commémoration, beaucoup de films font mémoire à l'évènement.
Fiction histoire ≠ fiction mémoire

De quelles images on ne dispose pas?
Les Nazis filmaient tout. Archiver et un besoin continuel d'images pour la propagande. Quelques tentatives de montrer que tout va bien dans un camp « privilégié » Therezenstadt où les Nazis déportaient des juifs « importants ». Par ce procédé, les Nazis cachaient ce qu'il se passe dans les autres camps. Aucune image d'Auchwitz. Masquer la réalité qui a lieu.
Ghetto de Varsovie : Quand les nazis filmaient les ghettos...

Extrait d'Holocauste : * image d'archives prises par un soldat allemand à l'est en 1941 qui se retrouve à filmer le massacre des juifs par hasard, puis envoie la bobine à Berlin puis la reçoit comme ça 6 mois plus tard. R. Wiener.
* succession de photos : rares documents qui montrent le massacre.

Très tôt les nazis décident de rendre invisible le génocide. Destruction de toutes les preuves, un peu comme le crime parfait.
Masse d'archives de la deuxième guerre mondiale, mais un trou sur le massacre, une absence totale d'image. D'après des théoriciens, des historiens, il y a pas d'images de la Shoah.
Images rescapées : images qui sortent un peu de nulle part, par hasard.
Paradoxe entre sur-concentration d'informations sans aucune preuves. Confusion entre les camps de concentration et les camps d'extermination.

Comment vont faire les cinéastes, comment répondre à cette absence de visibilité, faut-il combler les vides, ou l'intégrer, …

Le mot Shoah (holocauste en anglais) : question terminologique, débat, chaque mot connote l'évènement, débat sur le sens de l'évènement, …
Shoah (en hébreu) : catastrophe naturelle
Holocauste : sacrifice religieux
Deux termes hors propos. Entendre Shoah entre guillemets.

Holocauste : série TV : parallèle entre une famille allemande juive et une famille allemande dont le père va devenir un cadre nazi. Reconstitution, images d'archives, pas le récit de toute l'histoire. Se concentre uniquement sur l'acte final.

Holocauste et Shoah : deux genres différents au cinéma aussi.



RS3


DOSSIER à la maison noté. Présenté un film/corpus de films/séquence.
présentation
analyse séquence
problématiser, en faire une critique
10/15pages

Les images de la libération :

The Strangers (1945), images qui passent aux actualités insérées dans la fiction.

Juin 1944, les armées Alliées encerclent l'Allemagne, caméras partout des deux côtés. Armée rouge : pratique confuse et désorganisée. Armée USA → codifiée, organisée, blablabla, à partir de 1942.
John Ford va s'occuper de tout le système de production.
Mise en scène de la grande épopée américaine qui va sauver leur pays.
Après le débarquement, unités de cinéma dans chaque bataillon, images d'actualités, films de montage, de propagande, … Plus ils pénètrent dans le territoire européens, plus ils découvrent les coulisses de la guerre. Découverte de camps : horreur inenvisageable. Ses types qui étaient là pour libérer l'Europe et découvrent une image qui va totalement cassé l'image épique que la propagande attendait. Suite à la découverte des camps : différentes règles mises en places, indications données aux opérateurs, … Au début hésitation à montrer ces images puis déferlement. Photographies, films, reportages d'actualités, … Utilisées à des fins propagande, montrées aux allemands, … Une fois la guerre terminée, on arrête de traumatiser avec ces images mais on les ressort au procès de Nuremberg, utilisées comme preuves et pièces à conviction. Moment clé du procès. Procès filmé intégralement. Images du procès et de deux films compilations appelées Les Films d'atrocités.

Durant la 1GM, la mort est très peu filmée, très codifiée, prises pour des images de propagande.
Opérateurs se demandent comment prouver que leur prise de vue est vraie. Hitchcock dit qu'il faut faire des panoramas et des plans très longs. Les gens des studios viennent en personne pour constater.

Énormément de films ont été mis aux archives sans être montrer. Films fantômes : n'ont pas existé au moment où ils auraient dû être. Images avec lesquelles on ne sait pas quoi faire, comment les monter, les commenter, les montrer … La solution de Nuremberg : en faire des preuves. Imposer ça au regard des bourreaux. Mais aucune interrogation sur le fond, le grain, leur valeur de vérité, leur beauté paradoxale, … Compilations montrées : macabres, mises en scènes, …

Images des opérateurs russes à Auschwitz : reconstituées entièrement. Reconstitutions juste après l'entrée dans les camps.



RS4


Images des atrocités : utilisées pour nourrir une iconographie. Ne montrent pas entièrement la Shoah.
Nuit et brouillard : confusion entre fiction et images d'archives, « réelles ».
Néanmoins ces images sont le point de départ de notre filmographie. Image événement, image rupture, qui s'impose, adéquat avec l'évènement lui-même. Preuve que qqch a eu lieu.

Verboten!, sortie 15 ans après.
Extrait Verboten! : 2 types d'images, archives/reconstitution/fiction. Décalage. Structuré à un regard. Centre de la séquence : le regard du jeune. Filmer l'impact sur le regard. On voit la décomposition du visage de l'enfant. Effet de révélation que les images a pour lui. « I didn't know ».
Le face-à-face entre les images et le regard des gens : thème devenu important au cinéma.

Le Criminel (The Stranger) de O. Welles 1945, utilise le drame conjugal pour atteindre la prolifération du mal.

Shutter Island : le traumatisme de la découverte des camps. Représentation d'un traumatisme. Images qui l'expriment. Les images intègrent deux temporalités : le souvenir et l'image mentale d'hallucination créée à partir de ce souvenir. Interpénétration des deux temporalités. Travelling au milieu des cadavres avec la résurrection de la fillette. La reconstitution n'est pas recherchée. Il banalise la mémoire de l'évènement.

LIRE ARTICLE SCORSESE SE TROMPE D'HISTOIRE PAR CYRIL BÉGHIN

Images inépuisables pour tous les genres de films (horreur, mélodrame, thriller, …). Problème : déréalisation, banalisation de la mémoire de l'évènement. Voire aux cas par cas dans la manière avec laquelle tel réalisateur va pouvoir utiliser selon les fins propres de sa séquence l'évènement.



RS5

POUR LE DEVOIR MAISON (à rendre le 25 avril) : analyser et comparer deux séquences analogues. Choix par nous-même de la filmographie et des séquences. Identifier des séquences qui sont deux traitements de scènes analogues, présenter les films, justifier les séquences choisies, contextualiser les séquences, faire une analyse comparée des deux séquences, montrer les problèmes spécifiques à chaque séquence.
Analyser et comparer deux séquences analogues dans deux films (scène de la vie concentrationnaire ; scène de l'ouverture des camps ; récit ou épisode d'une extermination, … )ayant pour thème la Shoah (documentaire et/ou fiction).
Possibilité de se mettre à 2.
Si problèmes de méthodologie, de choix de filmographie et de bibliographie → voir prof.


Extrait de Falkenau vision de l'impossible : Dialogue entre le documentariste et Fuller. Ils ne se comprennent pas (problème de la langue mais aussi de cultures historiques et filmiques complétement différentes). Univers mentaux complétement différents.

Premières fictions : priorité idéologique à l'Est, mythe de la résistance dans les camps, figures héroïques de martyres, question raciale mise de côté ainsi que la persécution des Juifs.

La dernière étape, de Jakubowska, une polonaise (~40ans à ce moment) 1947. Complétement oublié dans la cinéphilie. Seule trace vivante, Godard le cite dans Les Histoires du cinéma. Le film se situe entièrement à Auschwitz. La réalisatrice, prisonnière en 43, d'abord en prison puis à Auschwitz. Premier film sur l'évènement racontée par une ancienne déportée. Elle a fait beaucoup d'entretiens pour raconter ce qu'elle a vécu. Elle est obsédée par la reconstitution dès qu'elle rentre dans le camp, pas juive donc statut un peu plus tranquille, arrive à s'isoler, prend des notes, écoute toutes les histoires. Dès qu'elle sort, elle écrit le scénario avec une autre ancienne déportée, contexte historique compliqué (URSS), doit avoir des notes positives, doit montrer la résistance à l'intérieur du camp, etc. Elle tient à faire le film dans le camp même un an après. Les fleurs ont poussées, refont les baraquements, enlève toutes les herbes folles, etc. 5000 figurantes, scènes de foules pour recréer les scènes d'appel. 350 figurantes principales. Beaucoup d'anciennes déportées. Elle raconte qu'elle n'arrive pas à faire jouer des rôles un peu importants à certaines femmes trop traumatisées. Film complétement tendu dans sa tension réaliste. D'après un critique de l'époque, Balach, elle créée un nouveau genre : le docu-drama. Souci réaliste poussé très très loin. 4 personnages principaux. On suit même une femme SS. Point de vue omniscient du film. Mise en fiction de scènes de dialogues entre les SS, entre les Nazis. Décide de ne pas montrer les maladies, les poux, les rats, la mort. Elle adoucit la réalité. Ce fut une décision difficile mais fut un bon choix, le public n'étant pas capable de ne pas se perdre face à l'horreur. Création d'une protection du regard des spectateurs. Travail de mise-en-scène qui va tamisée le tableau pour rendre l'horreur perceptible sans déchirer le regard du spectateurs. Essaie de rendre supportable l'insupportable à voir. Ce film de fiction a atteint un statut de documentaire. Configure deux motifs qui vont être énormément repris : comment euphémiser la réalité et comment faire le dénouement du film. À côté du récit de l'horreur il doit y avoir un message d'espoir. Le film est pris entre le pessimisme fondamental de la mise en scène de l'extermination et le mouvement d'espoir qui se met en place au milieu du film. 2 phases. Dénouement délirant. Histoire romancée d'une vraie déportée qui était une résistante à l'intérieur du camp. La fin : les avions et tout le reste : ça n'a jamais eu lieu.

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum